Graoucoop, une coopérative alimentaire à Metz
Pouvez-vous décrire simplement en quoi consiste votre expérience ?
L’idée de départ n’est pas neuve, c’est celle des coopératives alimentaires. On est donc GraouCoop, un projet alimentaire citoyen sous la forme d’un supermarché coopératif situé à Metz au Sablon, sur l’avenue André Malraux numéro 124.
C’est un héritage politique et citoyen de lutte sociale sur des dizaines voire centaines d’années.
Quelle est l’idée ou l’utopie qui vous a donné l’envie de vous lancer dans votre projet ?
L’idée, c’est que tous les types de populations et tous les types d’habitudes alimentaires puissent s’y retrouver et bénéficier à peu de frais d’un avantage économique en faisant leurs courses, tout en étant copropriétaire d’une boîte. Et une fois que cette masse est réunie, faire une œuvre de cohabitation, puisque les gens doivent aussi venir bénévolement travailler trois heures par mois.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Nous sommes 1200 aujourd’hui et lorsque nous serons 3000, dans 3 ou 4 ans, notre objectif est d’avoir du poids pour avoir un impact sur le système de production alimentaire local et sur notre vie.
Quel est votre rapport avec les biens communs ?
Les initiatives de Sécurité Sociale Alimentaire, la sécurité, bien manger, être correctement logé, vêtu, chauffé, être en bonne santé, tout ça, pour moi, ce sont des biens communs. Ce n’est pas une utopie, c’est une réalité. Ces sont des choses auxquelles tout le monde devrait avoir droit.
Quels sont les principaux obstacles que vous avez dû surmonter ?
L’obstacle majeur, c’est l’économie capitaliste d’accumulation et d’extractivisme dans laquelle nous nous trouvons. Parce qu’on est dans un marché où tout le monde est en concurrence les uns avec les autres, et on est en tant que commerce en concurrence avec d’autres commerces. Donc nous sommes conduits de façon dialectique et paradoxale à intégrer des mécanismes de marché pour assurer notre existence.
Acceptez-vous le terme d’utopie réelle pour qualifier votre expérience ?
L’utopie, c’est peut-être ça. C’est la capacité des citoyens et des citoyennes à s’organiser collectivement, à trouver du sens dans leur vie et à faire par eux-mêmes.
